Pensez à tous ces diners, rencards, soirées, mariages, déjeuners où pour répondre à votre interlocuteur vous avez cité un écrivain, une scientifique, une femme politique ou lorsque, en manque de référence prestigieuse, vous vous êtes cités vous-même. A ces moments précis vous avez emprunté l’aura d’une femme géniale, talentueuse pour donner de la hauteur à votre propos. Vous vous êtes pour un bref instant reposé sur les épaules de géants et croyez bien que dans leur tombe, ils en sont encore flattés.

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Dans une certaine mesure, l’open data permet la même chose : se reposer sur les épaules de géants. Or, cette fois-ci, ce sont des géants du digital. Ils ne lèguent pas exactement des pensées ou des connaissances mais des données. Et vous, vous avez cette fantastique liberté de les ré-utiliser.

“Qu’on me donne l’envie” de ré-utiliser des données

Il reste maintenant à savoir qui réutilise ces données ? pourquoi réutiliser ces données ? comment réutiliser ces données ? quand réutiliser ces données ? La réponse à ces questions portent en elles de belles perspectives : si l’on connait les motivations qui poussent certains acteurs à réutiliser ces données, on pourra alors peut être trouver le meilleur moyen de valoriser toutes ces données librement disponibles, pour les transformer en nouvelles applications, produits ou services.

Prenons Wikidata, projet de la fondation Wikimedia dont la mission est de rassembler la plus grande base de connaissance gratuite possible et de la mettre à disposition des populations pour lesquelles l’accès à l’éducation est une vraie problématique . Avec cette connaissance, Wikidata pourrait les encourager à se saisir d’une partie des 53,040,694 jeux de données disponibles pour créer des cours de mathématiques, de biologie, d’anglais, de gestion, de dessin, d’architecture,  you name it ! Pour ceux qui veulent rêver, on pourrait aller jusqu’à alimenter des politiques d’éducation toute entière avec ces ressources gratuites !

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Mais avant d’en arriver là, il faut comprendre quels sont les mécanismes qui poussent à la ré-utilisation des données. Je n’ai recensé aucune étude poussée sur la ré-utilisation des données en tant que telles. Mais j’ai trouvé une montagne d’articles scientifique sur la ré-utilisation de codes informatiques. Parmi eux, un article écrit par Haefliger et al. (2008) que vous trouverez gratuitement en cliquant sur le lien précédent. Ils décrivent précisément ce qui motive les développeurs à réutiliser des lignes de codes dans des projets de développement logiciel open-source.

On est loin de la réutilisation de connaissances éducatives mais je pose l’hypothèse que certains résultats de cette étude peuvent appliquer dans d’autres contextes. Je pose l’hypothèse qu’un développeur réutilisant une ligne de code n’est peut être pas fondamentalement différent d’un étudiant qui réutilise une page Wikipédia ou de statistiques de l’INSEE pour un exposé.

En définitive, je pose l’hypothèse que le chemin qui mène vers les épaules de géants est sûrement bien plus accessible qu’on ne le pense.


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