20 & 31 janvier 2021

Je vais essayer d’incarner l’interaction avec des données ouvertes sur l’espérance de vie, de leur donner une forme sensitive et vivante. Avec dans l’idée de progresser dans la capacité à bien documenter un projet (et plus tard de bien le coder, les deux étant à mon avis interdépendant, contrairement à la dichotomie évoquée dans le tweet ci-dessous) :

Etape 1 – Installation de l’espace de travail collaboratif

A quoi ressemble l’atelier d’un opérateur de données ouvertes ? A une salle de jeu dont les murs seraient transparents. A travers eux, vous pouvez observer tout ce qu’il fait.

Figure 1. Le repository Github…

…comme salle de jeu aux murs transparents

Les murs transparents de l’atelier sont faits de telle façon qu’ils permettent à l’opérateur d’observer son environnement, d’y déceler certains détails, certaines caractéristiques qu’il voudrait comprendre plus en détail. Non seulement peut-il les observer, mais aussi est-il en capacité de donner aux caractéristiques choisies une forme matérielle avec laquelle il pourra jouer : il peut « mettre en données » son environnement.

Les données qu’il choisira d’importer, il les rangera dans des pièces annexes à son atelier, une par une. Il ira les rencontrer une par une pour leur donner un nom et un visage. L’opérateur a en effet besoin de prendre connaissance des données, de leur donner une apparence qui marquera sa mémoire et son imagination. C’est grâce à la banque d’images mentales qu’il se sera crées que l’opérateur pourra dessiner les plans de sa future création et entrevoir les différents corps de métiers ou outils à solliciter pour donner vie à ses plans.

Exemple du « Life Expectancy Project »

Dans ce projet, l’opérateur a créé autour de son atelier cinq pièces pour accueillir cinq variables qui ensemble constituent le jeu de données à sa disposition :
– la variable « Pays », qui prend le forme d’une collection de drapeaux
– la variable « Année », qui prend la forme de plusieurs calendriers représentant chacun une année spécifique
– la variable « Produits Intérieur Brut », qui se matérialiser par des tirelires nationales
– la variable « Santé perçue » qui se traduit de manière sonore par le beat d’un coeur qui bat

Etape 2 – S’assurer de l’impact, de l’utilité et de l’esthétisme du travail à mener

L’opérateur dans son atelier a besoin pour se lancer de s’assurer que son travail aura un impact, qu’il enrichira des biens communs de la connaissance, mais aussi qu’il sera utile en tant qu’il déclenchera des actions concrètes dans des univers bien physiques. Enfin a-t-il besoin de s’assurer que la danse qu’il s’apprête à mener avec les données sera belle, que des qualités esthétiques se dégageront de son interaction avec les données.

Etape 3 – Traduction d’une réflexion sur le modelage des données en une suite d’instructions adressées à l’ordinateur

Avant de se lancer dans la danse, l’opérateur visualise les différents pas qu’il va effectuer, autrement dit, les différentes instructions qu’il va donner à l’ordinateur. A ce moment, il doit traduire une représentation mentale, celle de la forme finale des données qu’il a imaginé, en langage informatique. Cette opération équivaut à passer d’une image 3D à une image 2D, à passer du monde de l’imaginaire à celui de la réalité et des contraintes strictes de l’ordinateur. Tout laborieuse que semble être cette étape, elle n’en est pas moins intéressante puisqu’elle permet de restreindre l’étendue des possibles pour l’opérateur, et en ce sens, rend son projet réalisable.

Il faut se rendre compte que les données sont une matière tellement malléable, avec un potentiel de transformation si grand qu’on peut se perdre dans les méandres des possibilités qu’elles offrent. En visualisant les différentes instructions à donner, l’opérateur garde un cap et de ce fait, augmente ses chances de réussite.

Etape 4 – Faire appel aux communautés virtuelles pour compléter votre espace de travail avec des outils ou des données

Au cours de la mise en oeuvre des différentes instructions imaginées, l’opérateur rencontrera des manques d’outils ou de données pour aller au bout de son travail. Il peut alors faire appel à des communautés virtuelles pour trouver ce dont il a besoin.

Etape 5 – Tirer des conclusions à la fin des interactions et documenter les effets sur le monde physique

Que les interactions aient abouti aux résultats escomptés ou non, l’opérateur aura toujours modifié le monde physique qui l’entoure :

  • il aura peut être acquis de nouvelles informations qui vont changer sa perception du monde et son comportement.
  • il aura identifié et fait part d’un manque de données et, à ce titre, contribué au mouvement de production de données ouvertes, accessibles à tous
  • il aura mis à disposition sur Internet du code réutilisable pour pouvoir interagir avec les données.
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