23 février 2022

Identification de verrous scientifiques à partir de la littérature

Aujourd’hui, je commence ma journée avec la lecture de quelques papiers de recherche comme stimulant. Un coup de pouce pour trouver les verrous scientifiques que je veux lever dans mon projet de recherche. Méthode simple : je lis les papiers, recense les questions de recherche, trouve des similitudes dans les questions, m’interroge sur ce qui distingue leur questionnement du mien et hop : je trouve les verrous scientifiques que je veux lever. Voyez plutôt :

Les articles lus

  • Article : Cabitza, F., Del Zotti, F., & Locoro, A. (2016). Probing Interactivity in Open Data for General Practice. An Evidence-Based Approach. 35–42 ; Question : Est-ce que la visualisation interactive de jeux de données permet de les rendre plus utiles et utilisables aux yeux des réutilisateurs ?
  • Article : Cafaro, F. (2012). Using embodied allegories to design gesture suites for human-data interaction. 560–563; Question : quels sont les gestes que nous pouvons concevoir pour interagir avec des systèmes d’interaction homme-données ?
  • Article : Churchill, E. F. (2016). Designing data practices. Interactions, 23(5), 20–21 ; Question : Quelles sont les questions que doit se poser un chercheur et designer en HDI avant de se lancer dans le processus de conception ?

Les verrous scientifiques identifiés

On constate que de nombreuses études proposent des dispositifs particuliers pour améliorer la construction des usages de données spécifiques. Par exemple, Cabitza, Del Zoti et Locoro (2016) propose de construire cartes interactives pour permettre aux médecins d’améliorer leur compréhension de tendances démographiques tandis que Cafaro (2012) s’interroge sur la forme d’un dispositif incarné permettant aux visiteurs d’un musée d’explorer un jeu de données en utilisant les mouvements de leurs corps. Or, aucune étude ne s’est encore interrogé sur la forme d’un cadre de conception générique des usages des données. Un cadre qui permettrait d’orienter, de guider et d’outiller un designer dans la conception d’un dispositif, quelles que soient les données ou le besoin à adresser à travers celui-ci.

Le principal verrou scientifique que ce projet vise à lever consiste à dépasser le design de dispositifs particuliers pour permettre, à travers un cadre de conception, de faciliter le design de tout type de dispositifs.

Ce verrou est principalement de nature méthodologique. En effet, pour arriver à concevoir un cadre de conception, il faut que le chercheur travaille conjointement avec de multiples communautés de réutilisateurs, celles-ci s’intéressant à des différents types de données, avec un contexte et des finalités différentes. Aussi le chercheur doit-il mettre en place des outils pour pouvoir collecter les retours des différentes communautés sur les différentes versions du cadre de conception réalisé. Or, si la littérature sur l’approche design science (Hevner et al., 2004) propose des pistes génériques pour favoriser l’interaction entre un chercheur et son terrain, elle n’a pas encore abordé les spécificités de la co-construction d’un dispositif avec des communautés.

Pour lever ce verrou méthodologique, nous comptons mobiliser dans ce projet la théorie de la construction sociale de la technologie (Pinch et Bijker, 1984). Elle conçoit tout dispositif « comme un assemblage produit à la suite d’un processus de sélection entre différentes options possibles proposées par différents groupes sociaux ou communautés” (Doray, 2017, p.57). Cette théorie dessine un processus de construction d’un dispositif par les communautés en trois étapes. La méthodologie développée prendra ce processus en trois étapes comme point de départ.

La levée de ce verrou scientifique générera des bénéfices directs pour Datactivist dans la mesure où nombre der ses clients cherchent à se mettre en lien avec des communautés de producteurs ou de réutilisateurs de données pour co-concevoir de nouveaux services. Nous pouvons prendre l’exemple de l’Agence Nationale pour la Cohésion des Territoires qui sollicite régulièrement Datactivist pour mettre en place des mécanismes de remontée d’information en provenance des communautés open data territoriales. Ces remontées d’informations permettent de concevoir des outils et des politiques nationales visant à favoriser l’usage de l’open data en France.

Lectures sur mes nouvelles fréquences intellectuelles

J’ai nommé : le meta-design et les HDI.

Article : Ardito, C., Desolda, G., Lanzilotti, R., Malizia, A., & Matera, M. (2020). Analysing trade-offs in frameworks for the design of smart environments. Behaviour & Information Technology, 39(1), 47–71.

Ce que j’en retiens principalement, c’est qu’un artefact de meta-design doit être permissif : de nouveaux usages, ou de nouvelles créations non-prévues doivent pouvoir émerger de lui. Je retiens aussi qu’il peut y avoir différents paradigmes de design pour un même dispositif.

Article : Bødker, S., Lewkowicz, M., & Boden, A. (2020). What’s in a word? Platforms Supporting the Platform Economy. Proceedings of the 11th Nordic Conference on Human-Computer Interaction: Shaping Experiences, Shaping Society, 1–10.

Les auteurs proposent une liste de fonctionnalités techniques comme espace de design. Mais pas la solution technique pour les combiner…ce qui est le vrai sujet.

Article : Berman, A., Thakare, K., Howell, J., Quek, F., & Kim, J. (2021). HowDIY: towards meta-design tools to support anyone to 3D print anywhere. 491–503.

Rappel des trois niveau de design du meta-design :

  • Designer le design : aider les designers à réussir leur design, en les aidant à anticiper les besoins des utilisateurs et les tâches qu’ils devront réaliser pour y répondre.

Exemple : faire comprendre aux individus ce qui est imprimable en 3D

  • Designer ensemble : aider les designers à collaborer avec leurs utilisateurs sur les tâches de design, et à résoudre les différences entre les intentions de design et les design effectivement réalisés.

Exemple : faciliter collaboration entre individus voulant imprimer en 3D et les imprimeurs 3D sur les spécifications techniques)

  • Designer « entre » : créer les réseaux sociaux pour faciliter la participation des designers et faire grandir la passion pour les design réalisés à partir du meta-design, peu aussi être l’occasion de faciliter la partage et la validation de savoir-faire.

Exemple : pratiques d’impression 3D

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