Les nostalgiques des premières épreuves de rédaction scientifiques sont nombreux. Bien que ces expériences ont un gout amer, elles laissent une frustration doublée d’une envie : et si je recommençais mes études ? et si je me relançais dans une carrière scientifique ?

Quand la reprise d’études, la remise à niveau ne sont pas possibles, il existe une alternative : devenir la plume de chercheurs établis. Ce métier, peu connu du grand public joue néanmoins un rôle stratégique pour les chercheurs. En des termes plus techniques, on parle de proof reader ou de copy editor. Leur rôle est de relire les articles scientifiques pour vérifier la cohérence scientifique et améliorer le niveau d’expression de chercheurs qui se battent avec la langue française (38 années d’études n’assurent en rien une capacité à écrire clairement).

Pour qui voudrait en faire un métier (et c’est pour répondre à quelqu’un dans cette situation que j’écris cet article), encore faut-il savoir :

Qui sont les chercheurs susceptibles d’avoir besoin d’une plume ?

Première question à l’origine de la recherche de données

Pour répondre à cette question, il aurait fallu pouvoir identifier une liste de chercheurs avec une volonté de publier mais sans l’agilité linguistique nécessaires. Or, aucune données n’existe sur l’intention des individus (et si c’est le cas, je serai ravi de les consulter) ; il existe encore moins de données sur les capacités linguistiques d’une liste d’individus donnée (et heureusement).

De ce fait, pour répondre à cette question, il s’agit de la remanier et demander :

Quelles sont les revues scientifiques pour lesquelles des contributeurs scientifiques pourraient avoir besoin d’une plume ?

Deuxième question à l’origine de la recherche de données

Sous cette forme, une réponse par les données peut être apportée. Il suffit d’identifier toutes les revues scientifiques classées avec un comité de lecture.

Pourquoi ? Car on peut raisonnablement supposé qu’une revue classée donne du crédit scientifique à ses auteurs, et que dans ce cadre, les chercheurs ont tout intérêt à voir le style et la cohérence scientifique de leurs articles vérifiées par une plume compétente.

Source de données

Nous nous sommes basés sur le portail HAL, qui recense tout les “articles scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, et de thèses, émanant des établissements d’enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés

Dans cette base, nous avons sélectionnés toutes les publications avec un comité de lecture, classées dans les bases de données internationales, en excluant toutes les revues de vulgarisation.

Ci-dessous l’URL permettant de récupérer cette liste

https://hal.archives-ouvertes.fr/search/index/?qa%5BpopularLevel_t%5D%5B%5D=non&qa%5BpeerReviewing_t%5D%5B%5D=oui&qa%5Bclassification_t%5D%5B%5D=%21NR&qa%5Btext%5D%5B%5D=&submit_advanced=Rechercher&rows=30

Sélection et nettoyage de données

Cette recherche aboutit à 1786776 résultats, un nombre d’informations qui serait trop long à récupérer étant l’outil de récupération des données (scraping) que j’ai utilisé : Workbench data

J’ai donc décidé de restreindre les recherches à tous les articles de revue rattachées aux Sciences de l’Homme et de la Société, publiées en français en 2020. Un choix arbitraire et personnel.

Ci-dessous l’URL de la recherche correspondant à la recherche :

https://hal.archives-ouvertes.fr/search/index/?qa%5BpopularLevel_t%5D%5B%5D=non&qa%5BpeerReviewing_t%5D%5B%5D=oui&qa%5Bclassification_t%5D%5B%5D=%21NR&qa%5BpublicationDateY_i%5D%5B%5D=2020&level0_domain_s=shs&docType_s=ART&language_s=fr&rows=100

J’obtient alors une liste de 8993 de publications. On peut raisonnablement affirmer que ces 8993 publications ont été publiées dans des revues actives. Il ne reste donc plus qu’à lister toutes les revues ayant publié ces 8993 publications.

J’ai créé pour cela un workflow sur Workbench data que je partage ci-dessous :

https://app.workbenchdata.com/workflows/128560

Ce workflow m’a permis :

  • d’extraire le nom des revues ayant publiées les articles
  • d’enlever les doublons
  • de supprimer les cellules vides

Réponse à la question initale

Et tadaa, j’obtiens une liste de 2185 revues scientifiques classées francophones en sciences sociales. Autant de revues dont les contributeurs pourraient avoir besoin d’une plume.

Par là, je réponds à la question initiale : les chercheurs en sciences sociales qui auraient besoin d’une plume sont ceux qui visent des publications dans cette liste de 2185 revues scientifiques.

Catégories : Billets

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